L’état d’urgence sanitaire apparait comme un cadre juridique nécessaire pour traverser cette crise sanitaire. Cependant, il nous réduit depuis de nombreux mois à des besoins primaires et consuméristes qui m’ont amenés à signer cette tribune en faveur du sport et de la culture.

Découvrez la tribune ci-dessous.

Nous pouvons tenir 80 jours sans manger : mais combien de temps sans le sport et la culture ?

Samedi 16 janvier, il est 17 heures, et nous sommes nombreux à faire la queue au supermarché. Plusieurs dizaines de personnes aux visages masqués poussent leur caddie les uns derrière les autres devant les caisses. Dans un peu moins d’une heure, nous devrons tous rentrer chez nous afin de respecter le couvre-feu de 18h.

Les paroles de la chanson d’Alain Souchon retentissent alors :

« Il se dégage

De ces cartons d’emballageDes gens lavés, hors d’usageEt tristes…»

Depuis samedi, en France, plus d’activité extrascolaire pour les enfants après 18h, et depuis plusieurs mois, plus de séance de cinéma, de théâtre ou de spectacles.

Le matin, on dépose les enfants à l’école, on part travailler, puis le soir venu, on rentre chez soi, avec un aller simple vers la case « maison ».

La semaine dernière, nous apprenions la mort de deux étudiants et la tentative de suicide de quatre d’entre eux. Face à la détresse, l’épuisement, et le manque de visibilité quant à la réouverture des universités, ils demandent à ce que des solutions pérennes et des compromis soient trouvés.

Oui, face à l’augmentation du nombre de cas positifs au Covid depuis les vacances d’hiver, et au développement du variant britannique, nous n’avons d’autre choix que d’adopter des mesures plus strictes. Ces mesures sont nécessaires avant de pouvoir obtenir suffisamment de vaccins, et ainsi, vacciner une assez grande partie de la population.

Mais à n’avoir d’autre loisir que celui de consommer, ne prenons-nous pas le risque d’oublier ce qui nous est essentiel ?

Si l’homme peut tenir en moyenne 80 jours sans manger, comment pouvons-nous quantifier notre besoin en culture, ou en rapports humains ? La démocratisation de la culture par sa facilité d’accès dans notre pays c’est avant tout un pas de plus vers l’égalité des chances, et un engagement d’Emmanuel Macron.

Autoriser la seule ouverture des commerces revient à minimiser le nécessaire équilibre de notre vie sociale, et donne une vision réductrice de nos besoins fondamentaux. Et laisser le monde de la culture, du sport, ou le monde universitaire sans visibilité crée beaucoup de morosité chez les Français. Cette crise n’est-elle pas l’occasion pour nous de changer nos modes de consommation ?

Travailler à des solutions serait déjà donner une notion de visibilité à chacun, gardant en tête qu’il faut s’adapter au fur et à mesure de l’évolution de l’épidémie.

Trouvons des compromis pour les étudiants avant que la situation ne s’aggrave en facilitant les cours en présentiel pour des petits groupes, rouvrons les musées, les salles de spectacle, de cinéma, de théâtre, quitte à revoir le nombre de personnes accueillies, et à développer des solutions hybrides entre présentiel et distanciel en utilisant plus largement les initiatives de plateformes. Permettons au moins aux enfants de pouvoir prendre part aux activités extrascolaires après l’école.

Et surtout, faisons confiance aux professionnels pour s’organiser, écoutons leurs idées et leurs initiatives. Ils savent que la confiance n’exclut pas le contrôle, et qu’ils peuvent être force de proposition pour faciliter ces contrôles.

Tout particulièrement, en ce moment, nous avons besoin de rêver, et c’est ce que l’art et le sport nous permettent : nous dépasser et rêver.

Ne laissons pas dans l’ombre celles et ceux qui, après cette crise passée, seront les premiers à pouvoir offrir des remèdes à nos maux.

Nous appelons le Président de la République et le Premier ministre à entendre l’appel du monde du sport, du monde de la culture, et du monde étudiant.

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